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March 15, 2012

De l'éthique du divertissement quant à la violence


L’éthique du divertissement est un sujet qui a toujours suscité mon intérêt. L’éthique est un domaine d’étude philosophique passionnant et controversé, et le divertissement est un phénomène sociétal dont l’influence ne saurait être sous-estimée. 

La société occidentale est maladivement avide de divertissement, de distractions.
Blaise Pascal, sans doute mon philosophe préféré, disait déjà au XVIIe siècle que «la seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et c’est pourtant la plus grande de nos misères».

Avant de commencer ma réflexion à ce sujet, quelques définitions s’imposent :
Éthique : Qui concerne la morale. 
Divertissement : Action de se divertir; amusement. Ce qui divertit; distraction.
Divertissement (ma définition): Toute forme d’art ou de production destinée à la consommation (de masse). Les films, les jeux vidéo, la musique et les séries télévisées en sont quelques exemples.

Quel est donc le code d’éthique véhiculé aux masses par l’industrie du divertissement quant à la violence, et pourquoi s’en préoccuper?

L’idée m’est venue d’écrire cet article lors de l’annonce de la sortie du film The Hunger Games. Le film a été réalisé à partir du livre homonyme qui, publié en 2008, a été déclaré USA Today et New York Times Bestseller. Cet ouvrage est destiné aux jeunes adultes, et est au programme de lectures obligatoires dans de nombreuses écoles au pays.

Voici un court résumé des livres:
“The Hunger Games,” a trilogy of novels by Suzanne Collins, […] takes place at an unspecified time in North America’s future. Her heroine, Katniss Everdeen, lives in one of twelve numbered districts dominated by a decadent, exploitative central city called the Capitol. Every year, two children from each district are drafted by lottery to compete in a televised gladiatorial contest, the Hunger Games, which are held in a huge outdoor arena. The winner is the last child left alive. 
Source: The New Yorker 

Vous pouvez visionner la bande-annonce ici.


Je dois avouer que je n’ai pas lu les livres; en revanche, j’ai lu de nombreux articles par rapport à ceux-cis. Tous qualifient les livres de morbides et violents.

Mais là n’est pas où je veux en venir. Cet article n’est pas une analyse des Hunger Games; l’idée derrière ces livres n’est qu’un exemple du point que je souhaite aborder.

Le divertissement populaire véhicule souvent une éthique douteuse-- a priori découragée par la société et certaines lois morales-- en la faisant paraître bonne et acceptable.

The Hunger Games ne semble être qu'un exemple de ce principe. Une éthique de survie impliquant le meurtre d’enfants est justifiée par la sympathie qu’inspirent la protagoniste et la «grande cause» derrière l’histoire.

En d’autres mots, le principe de base est que «la fin justifie les moyens», une maxime que j’ai en horreur. Il peut certainement être utile dans certains cas (plus rares que communs), mais de manière générale, cet énoncé est erroné d’un point de vue éthique.
L’idéal communiste qui a inspiré des révolutions en Chine, en Russie et en Amérique du Sud a servi de justification pour de la tyrannie et l’oppression des masses, après tout.

A-t-on besoin d’être exposé à la violence graphique et à des scènes de tortures merveilleusement détaillées pour vraiment comprendre quoi que ce soit?

Les gouvernements totalitaires ont été brillamment critiqués par des livres tels que 1984 et Animal Farm, qui ont fait de la psychologie leur point focal, sans toutefois devenir morbides.

Quoi qu’on en dise, si le divertissement propose des principes moraux tordus, c’est que c'est le désir de l’audience, en quelque sorte. Il n’y aurait pas tant de violence si la violence nous était vraiment en horreur. On serait dégoûtés par ces images gratuites.

Je dis gratuites, puisque une distinction doit être faite entre regarder un reportage sur les camps de concentration nazis au temps de la Deuxième Guerre mondiale et un film classé 18+ pour violence. Le reportage a un but éducatif et préventif : l’étude du passé nous aide à être plus lucides et sages quant au futur. Le film, au contraire, est de nature divertissante. En d’autres mots, la violence est offerte en tant que divertissement.

Si la violence est offerte en tant qu’amusement, il y a là un profond problème, ce me semble. En quoi cela est-il profitable à l’individu et à la société? Le monde est rempli d’ouvrages littéraires et philosophiques dénonçant ce qu’il y a à dénoncer de façon éloquente, argumentative et logique. Le savoir peut donc être atteint autrement. L’argument de la «leçon et morale de l’histoire» est parfois une façade.

Je crois donc qu’il nous faille réévaluer nos choix de divertissement.  Pour que ce que notre tête pense, ce que notre bouche dit, et ce que nos yeux voient soient cohérent.

Il existe beaucoup d’opinions sur le sujet, et la mienne est sans doute facile à critiquer. Soit. Je crois quand même que la réflexion d’impose.

Il y a beaucoup de sagesse en ces paroles :
Au reste, […] que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées.
Philippiens 4 :8, La Bible 

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